Kosovo
Les Annales de l’Autre
Islam, nº 7
INALCO – ERISM, Paris, 2000
Dusan T.
BATAKOVIC
Institut des Etudes balkaniques &
Université de Belgrade
Kosovo à l’époque
titiste : entre nationalisme et communisme
L’histoire des Balkans est véritablement riche en interprétations
contradictoires de l’histoire : depuis l’antiquité jusqu’aux les
événements très récents, presque tout les phénomènes politiques sont expliqué
et justifié en faisant un appel ultérieur à l’histoire. Cette
passion pour l’histoire et une légitimation exclusivement historiques des
objectifs politiques est le résultat d’une longue période de collectivisme
inscrit dans la tradition politique : le collectivisme en tant que
imaginaire politique n’a pas marqué seulement le longue période de la
domination ottomane dans les Balkans ; il été imposé, s'appuyant sur
le héritage du nationalisme romantique, par les élites communistes. Dans cette
perspective du collectivisme - religieuse sous les Ottomans et idéologique sous
les communistes - tout droit particulier découlait du droit collectif. La
courte période entre ces deux types du collectivisme reste marqué
par le romantisme national, jamais pleinement maîtrisé.
La projection des réalités actuelles sur le passé lointain était la méthode
préférée des historiographies communistes, afin de justifier leur politique sur
la question nationale. L’héritage de l’époque communiste dans les Balkans
(1944-1990), concernant les interprétations historiques était une étrange
mélange du romantisme nationale couvert par le discours idéologique officielle.[1] Pour les Serbes et Albanais du
Kosovo-Metohija, l’histoire était un moyen important plus de justifier
que de expliquer à la fois leur aspirations nationales, idéologiques et
politiques. Presque chaque interprétation d’une tendance compréhensive et non-idéologique était fortement contestée par l’autre
camp historiographique.[2]
Les images très contradictoires du passé du même régions, fixée dans plupart
des cas dans les visions nationales, limités par des horizons très
étroits, se traduit aujourd’hui sur le plan politique en tant qu’éléments
légitimes et mobilisateur de l’idéologie exclusivement
nationale.
Au Kosovo (Kosovo-Metohija), la
province autonome au sein de la Serbie (après juin 1999 sous le
protectorat de l’ONU), toutes les communautés ethniques, y compris les deux les
plus importants - les Albanais et les Serbes - ont hérité un très faible
niveau de la culture politique. Ce territoire est resté, ainsi que l’ensemble
d’Albanie et la Macédoine, sous domination ottomane jusqu’aux les guerres
balkaniques en 1912-1913. Kosovo s’est ainsi trouvé près de cinq siècles à
l’écart des traditions européennes. En revanche, les traditions politiques
héritées de l’empire ottoman, fondées sur les antagonismes confessionnels et
plus tard ethno-confessionnels, ont développé le
cercle vicieux de la violence que brise de courtes périodes d’accalmie
résultant le plus souvent de la coercition exercée par un régime autoritaire et
non d’une cohabitation acceptée par tout les communautés nationales, ni d’une
tolérance politique, confessionnelle et inter-ethnique.[3]
La monarchie yougoslave (1918-1941) était une variante serbe du yougoslavisme,
a l’instar du modèle français, jacobin et centraliste. La Yougoslavie
communiste (1945-1991) était une variante croate du yougoslavisme, fédéraliste
et égalitaire. Ce deux modèle opposé du système politique ont profondément
marqué le destin politique du Kosovo-Metohija. L’héritage idéologique dans ce
contexte avait une rôle importante sur les grands lignes politiques concernant
la question nationale. Pour les communistes yougoslaves d’entre deux guerres le
Royaume de Yougoslavie était "la prison des peuples" où les élites
politiques des Serbes “oppriment” pas seulement les autres peuples (Croates et
Slovènes) mais aussi les minorités nationales (Magyar, Albanais et autres). Au
nom du prolétariat international le parti communiste yougoslave ne cessait
d'assurer de son soutien à "la défense de ses frères privés de droit dans
la sanglante Yougoslavie militaro-fasciste" et en stimulant la résistance
de l'opposition croate "à cause de la nouvelle trahison ignoble des
intérêts du peuple croate".[4]
Au Cinquième congrès du Parti communiste yougoslave (PCY) - tenu devant
quelques dizaines des délégués à Dresde en 1928 - l'orientation politique
adoptée confirmait la nécessité absolue du démembrement de l'État yougoslave.
C’était l’application à la lettre de la ligne politique adopté par le Komintern
(l‘Internationale communiste) en Moscou lors le Cinquième congrès
en 1924. Le congrès du parti yougoslave a suivant cette ligne,
constaté qu'un tiers d'Albanais vit en Yougoslavie sous “le régime oppresseur
de la bourgeoisie grand-serbe” et que leur réunion
avec l'Albanie pourrait être réalisée seulement par une lutte commune des
Albanais du Kosovo avec le PCY.[5] Le secrétaire du PCY, Milan Gorkic, avait même suggéré, dès l'établissement de le
régime personnel du roi Alexandre en 1929, la conclusion "de
l'accord provisoire avec l'impérialisme étranger", au cas d'une
insurrection en Croatie, c'est à dire la cession des territoires à l'Italie et
à la Hongrie dans le seul but de briser "l'hégémonie grand-serbe".[6]
C’est pourquoi les contacts ont
été établis entre les communistes yougoslaves et les membres du "Comité de
Kosovo" - une organisation de tendance terroriste formé en Albanie après
1918 par les émigrés albanais du Kosovo. Soutenu et financé par le régime du
Mussolini, le Comité du Kosovo assistait les unités de guérilla (les kaçaks) dans leurs attaques contre la gendarmerie
yougoslave et les colons serbes, tenus pour représentants de ”la bourgeoisie grand-serbe”. Les colons serbes ont été installés au
Kosovo-Metohija après une reforme agraire par les autorité du royaume
yougoslave entre 1922 et 1938.[7]
Un durcissement nouveau des
positions dans la question nationale a été apporté par la quatrième conférence
territoriale du PCY, tenue à Ljubljana en 1934. La conférence a souligné que le
Royaume n'est rien d'autre que "l'occupation de la Croatie, de la
Dalmatie, de la Slovénie, du Monténégro, du Kosovo et de la Bosnie-Herzégovine
par les troupes serbes". La première tâche du parti est donc de
"chasser les tchetniks serbes de Croatie, de Dalmatie, de Slovénie, de
Voïvodine, de Bosnie, de Monténégro et de Kosovo".[8]
En rejetant la possibilité que n'importe laquelle de ces régions puisse avoir
un caractère serbe, malgré le fait que la composition ethnique révélait une
majorité serbe, absolue ou relative, au Monténégro, en Bosnie et Herzégovine et
en Voïvodine, le PCY était d'avis qu'une des variantes possibles pourrait être
celle des unités indépendantes dans le cadre de la future Yougoslavie
communiste. Un tournant décisif, quoique seulement stratégique à l'époque, a
suivi en 1935 avec la nouvelle ligne politique du Komintern visant le
rassemblement des forces en "front national" contre "le danger
croissant du nazisme et du fascisme en Europe". [9]
Le nouveau chef du PCY, muni des
pouvoirs de l'Internationale communiste, le communiste croate Josip Broz Tito, après un long
séjour à Moscou, apporte en 1937 de nouvelles instructions. Ces instructions et
le changement dans le rapport des forces en Europe ont fait évoluer certains
points de vue quant à la question nationale. La décision sur la conservation du
pays a été apportée par le PCY à sa cinquième conférence territoriale (Peta zemaljska konferencija), tenue à Zagreb en 1940, au moment où la
guerre flambait déjà en Europe. Mais, quant aux Kosovo-Metohija, la
position de Josip Broz Tito
a resté la même : il a souligné (fin novembre - début décembre 1940) que le
combat “contre les méthodes colonisatrices de la bourgeoisie serbe” doit se
finir par “expulsion des toutes les éléments colonisés avec lesquelles la
bourgeoise serbe a opprimée les Macédoniens, les Albanaises et les autres
peuples.”[10]
La "démonisation" de "la
domination serbe dans le Royaume de Yougoslavie" a été le motif de toutes
les actions des communistes yougoslaves, parfaitement conformes à l'avis de
Staline sur le caractère de l'État yougoslave et sur son régime. Dans leur
lutte contre "la bourgeoisie grand-serbe"
les dirigeants communistes yougoslaves (Tito et ses proches collaborateurs Edvard Kardelj, Vladimir Bakaric,
Milovan Djilas)
négligeaient de plus en plus la différence entre "la bourgeoisie" et
"la nation". Des partis communistes de tous les peuples non-serbes ont été fondés dans les années trente, seul le
Parti communiste de Serbie n'a été formé qu'après la guerre, en 1945. C'est,
donc, avec de tels points de vue sur la solution de la question nationale que
le PCY a accueilli la guerre d'avril et l'occupation du pays en avril 1941.
La tentative d'une réconciliation historique des Serbes et des Albanais dans le
cadre du communisme de type soviétique - c'est avérée impossible: les
réalités géopolitiques étaient restées les mêmes, et la vieille rivalité pour
les territoires entre les Serbes et les Albanais, entre la Yougoslave et
l’Albanie avait simplement été transférée dans un nouveau cadre
idéologique. Josip Broz
Tito, le dictateur communiste installé par les Soviétiques à Belgrade en
1944 se voyait obligé de conserver l'unité du pays afin de se
justifier comme le véritable héritier de la Royaume de Yougoslavie. D'autre
part, Tito devait tenir compte des sentiments des communistes et des
influents résistants (les partisans) d’origine serbes qui constituaient la
majorité de ses troupes.
Pour Enver Hohxa, le
dictateur communiste albanais, la fraternité communiste était le moyen officiel
pour aboutir aux objectifs nationaux – la création d’une «Albanie ethnique »
englobant le Kosovo, Metohija et Macédoine du nord-ouest. Pour cette
raison-là les communistes albanais ont déjà adopté à plusieurs reprises pendant
la guerre les résolutions demandant l’annexion du Kosovo-Metohija à l’Albanie.[11] Les dirigeants du parti communiste
yougoslave sont aussi promis aux leurs adeptes albanais de leur accorder
l’union du Kosovo-Metohija avec Albanie tout en prévoyant que l’Albanie
communiste accepterait après la guerre une très étroite union politique
avec la Yougoslavie titiste.[12]
La révolte armée d’environ 40.000 Albanais du Kosovo (fin 1944-début
1945) les forces armées contre les forces titistes (Tito lui était en train de
se légitimer devant la communauté internationale en tant que héritier du
royaume yougoslave) demandait l'union immédiate du Kosovo-Metohija avec
l'Albanie. Cette révolte, réprimé après les combats sanglants par les forces
titistes était une petite guerre civile à l'échelle locale.[13] L’intervention de l’armée yougoslave
contre cette révolte jugé sécessionniste et contre-révolutionnaire a confirmé
la volonté des dirigeants titistes de maintenir Kosovo-Metohija - comme il
était le cas avant la Deuxième Guerre mondiale - au sein de la Serbie et
Yougoslavie afin de préserver un équilibre politique et démographique entre
deux communautés des aspirations politiques très opposées.
Mais, pour donner une sorte de satisfaction à l'Albanie communiste et
« fraternelle », un décret spécial des autorités communistes
yougoslaves (le 6 mars 1945) interdisait le retour au Kosovo-Metohija des
colons serbes expulsés pendant la guerre en Serbie centrale et au Monténégro
par les différents milices albanais au service du fascistes italiens (ou après
septembre 1943 sous le commandement des nazis). La grande majorité des colons
serbes - de 60.000 à 70.000 - se virent après 1945 interdits de retours
dans leurs foyers au Kosovo-Metohija. Sous le prétexte d’une
« révision juste » de la réforme agraire ( »réparer les dommages
causés aux droits des propriétaires art aux intérêts des agriculteurs indigènes
sur les territoires de la macédoine et de la région du Kosovo-Metohija »),
au nom du bataille idéologique contre les « oppresseurs grand-serbes » « monarchistes »,
« chauvinistes serbes », « collaborateurs de l’occupant »
et autres condamnations d’une inspiration très stalinien, au moins six mille
des familles serbes ont été privé de leur biens (terres arables) et privé de
droit de se retourner au Kosovo. [14]
La loi « Concernant la révision de la distribution des terres aux colons
et aux intéressés agraires en Macédoine et en Kosovo-Metohija » a annoncé
une discrimination claire des colons serbes par rapports d’autres
habitants de la même région.[15]
Selon la loi du 5 août 1945, article 4, “les colons à qui ont été
distribuées des terres dans les régions du Kosovo et de la Metohija jusqu’au 6
avril 1941 perdent leur droits dans les conditions suivantes : a) si la terre
d’un propriétaire privé leur à été distribué, étant donné que chaque
agriculteur ayant cultivé sa terre est considéré comme propriétaire, nonobstant
le fait qu’il ait ou n’ait pas un titre de propriété foncière concernant cette
terre ou qu’il ait travaillé sur cette terre comme serf ou locataire permanent;
b) si, après 1918, ils étaient installé sur les terres des Shqiptar
(Albanais) – les émigrants politiques; c) s’ils n’étaient pas des agriculteurs,
et qu’ils ont reçu la terre en tant que gendarmes, employés des finances ou
semblables, pour services rendus aux régime anti-nationaux; d) s’ils vivaient
de la terre distribuées comme des rentiers”… article 6 : 1) Les colons-agriculteurs sur le territoire du Kosovo et Metohija
qui d’après cette loi, perdent les terres préalablement distribuées,
obtiendront, sous le condition de ne pas appartenir aux groupes c) et d) de
l’article 4, une compensation en terre dans un autre endroit dans la même
région, si pour cela ils disposent les moyens nécessaires, et cela en premier
lieu sur les terres des colons appartenant aux groupes c) et d) de l’article 4.
Si cela n’est pas possible, ils emménageront hors de cette région.” La
loi du 5 novembre 1946 a modifier le texte du article 4 de loi du 5 août 1945
: …a) “si la terre d’un possédant privé…est considéré comme possédant”
pour élargir les droits des non-colons devant
la commission de la révision de la distribution des terres. [16]
Après l’expulsion organisée par
l'État fédérale, la Serbie elle-même avait aussi privé ses propres citoyens de
leurs biens. Selon la Loi sur la gestion des terres
abandonnées des colons à Région autonome du Kosovo-Metohija, adoptée par
l’Assemblée Nationale de Serbie le 28 février 1947, tous les colons
non-exclus par les autres lois ont été obligé de se
retourner au Kosovo jusqu’aux 30 septembre de même année.[17] Les lois fédérales, toujours valables,
ont octroyée le non-retour pour les colons, les lois serbes le retour obligé.
C’était la méthode simple de priver les anciens colons de leurs terres. C’était
aussi, dans une perspective plus large, la réalisation des toutes les
résolutions du parti communiste yougoslave d’avant-guerre concernant la
question nationale aux Kosovo-Metohija.
Par contre, environ 75.000
Albanais du souche originaire d’Albanie, colonisé au Kosovo-Metohija par
les autorités fascistes durant l’occupation italienne et nazi (1941-1944)
se virent accorder, en grande majorité, la citoyenneté yougoslave sous Tito, le
geste politique fait au nom d’une coopération étroite entre les dirigeants
communistes yougoslaves et albanais.[18]
En fait, depuis 1945 la Yougoslavie titiste a pratiquement établie le
protectorat sur l’Albanie communiste d’Enver Hoxha.[19] Cette satellisation ouverte d’Albanie
par les titistes était conçue à Tirana comme la suite de la politique
« impérialiste et grande-serbe » de
Yougoslavie monarchiste. Le envoyé yougoslave en Albanie, lui un Albanais
originaire de Croatie (Josip Gjergja),
a noté que même les dirigeants les plus éclairés d’Albanie communiste
sont très malade du syndrome « grand-albanais ».[20]
Concernant la question albanaise, Tito à prévu deux solutions
compatibles : 1) l’entrée d’Albanie au sein de Yougoslavie fédérale en
tant que septième république ; 2) une union plus large à l’échelle
balkanique. Le projet d'une future fédération balkanique selon
l'idée de Tito, était censée d’englober la Yougoslavie, l'Albanie, la Bulgarie,
et probablement la Grèce : Tito prévoyait même une place pour la Grèce
dans la fédération balkanique, au cas où les forces communistes auraient gagné
la guerre civile. Dans cette fédération avec Tito à sa tête Kosovo-Metohija
aurait dû revenir à l'Albanie. Ce plan avait une double signification
politique. Pour les dirigeants yougoslaves, ce devrait correspondre à la
réalisation des anciennes aspirations de la Yougoslavie royale - dominer
l'Albanie afin de contrôler le nationalisme albanais soutenu à l’époque par
l’Italie fasciste et l’Allemagne nazi.
Pour J. B. Tito lui-même ce plan à l’échelle régional devait être la
réalisation d'une ambition très personnelle : être le maître des Balkans dans
le cadre d’idéologie communiste. C’était aussi pour lui la possibilité de
réaliser les rêves hérités de sa jeunesse politique (les aspirations des
derniers des la maison de Habsbourg) - de briser la prétendu
« hégémonie grand-serbe » dans le ouest des
Balkans.[21]
Après élimination de ce danger Tito avait le mains libre pour les projets
très ambitieuses La Yougoslavie était, même dans cette époque, un cadre
trop étroit pour la réalisation des ambitions politiques de Tito, le futur
leader de mouvement des "non-alignés".[22]
Par contre, pour le chef des communistes albanais Enver
Hoxha, le projet d’une fédération balkanique représentait une tentative de
parvenir, par un accord politico-idéologique, à
rattacher la région du Kosovo-Metohija à l'Albanie. Le plan du rattachement du
Kosovo-Metohija à l’Albanie était inscrit dans toutes ses déclarations
officielles pendant la guerre civile. Bien que mémorialiste peu crédible Enver Hoxha a noté dans ses Souvenirs que Tito
acceptait en principe l'annexion du Kosovo-Metohija par l'Albanie, mais
qu'il aurait considéré le moment peu propice car "les Serbes ne l'auraient
pas compris" et que ce question difficile serait réglée plus facilement au
sein de la future fédération balkanique.[23]
Des déclarations semblables sur Kosovo-Metohija ont été également données à
Moscou par d'autres dirigeants yougoslaves, expliquant à Staline la nécessité
de créer la fédération balkanique. Le principal conseiller idéologique de
Tito, Edvard Kardelj, assurait à Staline que au
sein d'une fédération tripartite, le Kosovo-Metohija reviendrait, comme pendant
l’occupation fasciste à l'Albanie.[24] Même après la fameuse rupture de Tito
avec Staline, entre 1948 et 1956, les plans de fédération balkanique
s'étaient évaporés, et que les relations avec l'Albanie avaient été
rompues, l'immigration des Albanais d’Albanie au Kosovo-Metohija n’a pas
été arrêtée. Le chiffre d’immigration albanais dans la période des frontières
ouvertes entre Yougoslave et Albanie pendant l’amitié cordiale
(1944-1948) n’était jamais établis. Pour la période
suivante le nombre exact de ces immigrants albanais n'est non plus établi
avec précision; il varie selon les estimations : 16.000 étant le chiffre
officiel que beaucoup mettent en doute, et quelques centaines de milliers selon
d'autres estimations, qui ne sont, a son tour, étayées sur des calculs
démographiques précis. Le chiffre réel, selon les sources disponibles dans les
archives yougoslaves, pour cette période est environ 40.000 nouveaux
immigrants d'Albanie.[25]
Dans la Yougoslavie communiste les conflits serbo-albanaises
ne représentent qu'une partie de la conception complexe que Tito imposait à la
pays pour résoudre le problème national dans la phase officiellement appelée
"de la fraternité et de l'unité". Croate par nationalité, élevé dans
un esprit de haute fidélité aux dynastie des Habsbourg et de
crainte de "la menace grande-serbe" d’avant
Première Guerre mondiale, Tito était après 1918 nourri des leçons du léninisme.
Selon Lenine le nationalisme des grands nations est
plus dangereux que le nationalisme des petites nations ; Tito a quand
même persisté dans sa détermination d’appliquer cette idéologie
léniniste sur le cas yougoslave. Son but était d’éradiquer toute velléité
« d’hégémonie grand-serbe » hérité par
l’histoire. L’idéologie de Tito était “la relique la plus opiniâtre de
l’ancienne propagande autrichienne contre les Serbes est l’idée que la Serbie
n’a rien à faire au-delà des frontières qui lui furent octroyées en 1878 au
Congrès du Berlin (…) Il y avait même des Yougoslaves qui considérait nos
aspirations à dépasser les frontières de 1878 comme un signe de chauvinisme
serbe – et à ce chauvinisme ils imputaient jusqu’à nos protestations
contre la délimitation faite par Tito de l’unité fédérale serbe (en
1945). A en croire de telles opinions, il apparaîtrait donc que les Serbes
dussent se contenir, en Yougoslavie, des frontières que eût laissées l’Autriche
si l’unification yougoslave s’était faite sous la houlette de la dynastie des
Habsbourg.”[26]
C’est pourquoi les communistes de l’école titiste, élèves de Komintern,
caractérisait comme « l’hégémonie grand-serbe »
la période sous la règne de la maison de Karadjordjevic et le
système politique en Royaume de Yougoslavie comme une régime
« d’oppression nationale ».
Les deux premières décennies du centralisme bureaucratique sous la règne de
Tito (1945-1966), marque par un retour au yougoslavisme rigide, ont été une
période de consolidation nécessaire du pouvoir communiste menacé par les
plusieurs défis intérieurs et extérieurs. Pendant cette période Tito s'appuie
largement sur les cadres communistes, majoritairement serbes et
Monténégrins avec lesquels il avait gagné la guerre civile et qu’il sont se
distingué par leur volonté à défendre l’indépendance yougoslave
contre le menace de Staline en 1948.
En homme politique pragmatique Tito a su transformer la rupture avec l'Union
Soviétique de juillet 1948 en son plus grand succès.[27] Le fameux schisme était l'avènement de
la voie particulière de la Yougoslavie hors des chemins battus du régime de
Moscou: "cela ébranla le mythe de l'unité communiste avant même,
pratiquement, que le bloc communiste fût établi, ce qui créa non
seulement un précédent, mais aussi un modèle d’aspirations pour les
autres".[28]
A l'époque de la guerre froide Tito à fait une alliance avec l'Occident contre
Staline, confirmée par une aide financière et militaire considérable. Le PCY a
changé de nom en Ligue des communistes de Yougoslavie et le système de
l'autogestion a été inauguré en tant que nouvelle doctrine dans le cadre du
régime communiste. Tout en étant un mélange impossible du contrôle très
idéologique suivi par un énorme appareil bureaucratique en bloquant
complètement le développement économique, l'autogestion faisait, pour une
certaine période, rêver les intellectuels de gauche en France et ailleurs comme
une innovation importante du socialisme global.
La décentralisation prévue par les plus proches collaborateurs de Tito - le
Slovène Edvard Kardelj et le Croate Vladimir Bakaric - dans le sens de l'accroissement des prérogatives
des unités fédérales a provoqué une renaissance des nationalismes dont Tito a
joué très adroitement pour empêcher un dégel idéologique et pour conserver
intacte sa propre autorité. Dans la dernière phase de son règne, marquée par
une sorte du coup d'État octroyé par sa lettre aux communistes yougoslaves et
la Constitution fédérale de 1974; Tito était, toute comme Leonid Brejnev en
URSS, un obstacle à toute évolution du système politique. Comme seul héritage
Tito laissait une armée très large, formellement commune mais très
idéologique, et un gigantesque appareil bureaucratique du parti communiste,
réparti dans les limites des républiques et des provinces.[29]
Les limites entre les républiques
était selon l'explication de Tito en 1945 purement administratives. Mais, après
1966 les frontières internes prennent de plus en plus, avec les reformes
constitutionnelles (1968,1971, 1974), l'allure de frontières d'États pas
seulement autosuffisantes mais aussi secrètement rivaux; reliés par
l'autorité du leader charismatique et par le danger commun d'une invasion
soviétique.[30]
Les amendements à la Constitution de 1963 adoptés en 1971 et intégrés dans la
constitution de l974 ont confirmé la désintégration de l'État en plusieurs
points: les républiques sont définies comme des Etats basés sur la souveraineté
des peuples et la Yougoslavie devient un État fédéral - communauté des peuples
et de leurs républiques socialistes réunis de leur plein gré. En même temps les
provinces autonomes reçoivent le statut des éléments constitutifs de la
fédération. Les provinces pratiquement échappent à la juridiction de la
Serbie, république dont elle font partie. Les amendements constitutionnels et la
Constitution de 1974 étaient au fond favorables aux tendances de
formations des États homogènes en sens ethnique.[31]
Dans ce contexte politique, le Kosovo-Metohija avec son complexité politique et
le mosaïque ethnique avait une fonction importante: en septembre 1945 on le
réunit d'abord en une région autonome (autonomna
oblast), intégrée dans l'unité fédérale de Serbie. Par la Constitution de
Serbie en 1946, Kosovo-Metohija était définie avec les mêmes capacités
politiques. Au sein de la République fédérale de Serbie, selon le recensement
de 1948 les Albanais constituaient 8, 15% de la population totale (498.242 dans
le Kosovo-Metohija et 532.011 dans l'ensemble de la République de Serbie). En
République de Macédoine, par exemple, les Albanais de souche constituent
17,12% et les Turcs 8,32% de la population totale, mais aucune autonomie
pour les minorités nationales hors de la Serbie n’était prévue par les
dirigeants communistes.
Selon la nouvelle Constitution fédérale de 1963, la région autonome du
Kosovo-Metohija a reçu le statut de "province autonome" au sein
de la Serbie fédérale, identique à ce de la province autonome de Voïvodine. A
partir de 1974, selon la nouvelle Constitution fédérale, Kosovo fut érigé en
province autonome avec les liens plus au moins formel avec la Serbie, mais dont
les prérogatives sont plus proches à celles des républiques; il ne leur
manquait que le principe léniniste du droit à l'autodétermination dont disposait
les six républiques socialistes.[32]
Le changement de statut du Kosovo à l'intérieur de la fédération n'est pas dû à
la volonté librement exprimée de la population de Serbie dont ce région était
partie intégrante depuis 1912, mais est dû uniquement aux conception d'un
cercle étroit de dirigeants communistes rassembles autour de Tito. C’était une
groupuscule de communistes - donc la nomenklatura privée de l’appui
démocratique de corps électoral - qui réglaient à leur guise tous les questions
nationales à l'intérieur de la fédération yougoslave.[33]
Dans la période de centralisme, alors que l'Albanie a jusqu'au 1961 fait partie
du bloc soviétique, Tito s’appuyait sur les cadres Serbes et Monténégrins au
Kosovo-Metohija car ils étaient à la fois le garant du stabilité politique dans
la région et maintien de l'unité yougoslave. Les pressions extérieures, y
compris celles d’Albanie ont renforcé le rôle de l'armée et de police secrète.
Après la rupture avec Moscou en 1948, les groupes armées organisée par Tirana
s'infiltraient constamment au Kosovo, tandis que les ancien combattants des
forces nationalistes, les adeptes de Balli
Kombëtar (ballistes),
oubliés de la guerre, se cachaient, pendant les années cinquante et même
en début des années soixante, dans les montagnes du Kosovo-Metohija limitrophe
à l’Albanie. Les fréquents accrochages qui opposaient les unités infiltrés
d’Albanie (soutenue par les ballistes sur le terrain)
avec les forces de l'armée et de la police yougoslave, indiquaient que de
grandes quantités d'armes se trouvaient toujours chez les civils. Durant
l'hiver 1955-1956 les autorités militaires et policiers procéderont à des
fouilles systématiques des maisons et confisquèrent un nombre
considérable d'armes chez les Albanais.
Au cours de ces opérations, les autorités terrorisaient avec autant de
brutalité et d'intolérance les Albanais que les Serbes, les battaient et les
emprisonnaient. La plus grande quantité d'armes était, quand même, caché chez
les citoyens yougoslaves d’origine albanais. Ils avaient le sentiment que
l'action était menée uniquement contre eux, bien que les persécutions et les
arrestations aient également touché les Serbes. Les prêtres et évêques de
l'Église orthodoxe serbe en ont particulièrement souffert des arrestations et
des condamnation arbitraires. Même la plus grand église orthodoxe, édifiée
entre les deux guerres à Djakovica a été détruit pour
un monument élevé à la gloire des communistes du Kosovo-Metohija.[34]
Afin d'atténuer chez les Albanais le sentiment que les Serbes les
persécutaient, un nombre sans cesse croissant d'Albanais ont été recrutés dans
les Services de la Sécurité d'Etat (UDBA). Au cours d'un procès qui a eu lieu
en 1956 à Prizren, on a découvert que les groupes
d'espions d'Albanie étaient en étroite relation avec les fonctionnaires
d'État d'origine albanais du Kosovo-Metohija. (Le nom de plus haut fonctionnaire
parmi les Albanais du Kosovo-Metohija de cette époque, Fadil
Hoxha était mentionné ou suggéré à plusieurs reprises dans différents
ouvrages.) Cependant, pour des raison d'État, ceci fut passé sous silence afin
de ne pas compromettre les cadres albanais et de sauvegarder le mythe "de
fraternité et unité" des peuples yougoslaves. Le dit fonctionnaire
était même promu au rang du ministre en Serbie afin d’être séparé
des affaires politiques dans la région autonome du Kosovo-Metohija.
Après la réconciliation avec Moscou (1955) et la normalisation tardive des
rapport politiques avec l'Albanie (après 1971), dans le cadre de la
politique de décentralisation, Tito a favorisé les cadres Albanais afin
d'étouffé les pressions du Tirana et même, dans une certaine manière, de
rétablir son influence politique en Albanie communiste. Les amendements
constitutionnels de 1968 et de 1971, intégré entièrement dans la Constitution
yougoslave de 1974, avait pour but l’émancipation politique et sociale de
minorité les Albanais voyait non seulement comme une possibilité d'émancipation
nationale mais aussi comme une occasion longtemps attendue de prendre
enfin leur revanche historique sur les Serbes, considéré comme les
« forces d’occupation » des terres prétendu albanaises depuis
l’antiquité.[35]
Les prémisses théoriques d'Edvard Kardelj, auteur de la Constitution de 1974, selon
lesquelles les Albanais du Kosovo-Metohija devaient garantir les droits
des Serbes étaient répétés auveglément comme une
phrase vide de sens, qui devait justifier l'albanisation accéléré du
Kosovo-Metohija.[36]
Déjà les démonstrations anti-serbes et anti-yougoslaves à Pristina et d'autres
villes en fin novembre 1968 - invitant la police et l'armée d’intervenir
- ont montré que les Albanais ne voyaient pas leur avenir en
Yougoslavie, quels que soient les privilèges qu'elle leur accordait, mais que,
selon les traditions historiques et sous l'influence idéologique de
Tirana, ils rêvaient de rattacher Kosovo à l'Albanie.
Le modèle idéologique et national pour les Albanais du Kosovo fut l'ethno-communisme stalinien de Enver
Hoxha, trempé par la vieille haine contre les Serbes en tant que coupables pour
presque toutes les malheurs des Albanais hors-frontières.[37] La disparition du terme Metohija
dans le nom de la province (opéré en automne de 1968) - le nom qui
sonnait trop serbe et chrétien orthodoxe - indiquait symboliquement la
direction dans laquelle s'orientait la politique nationale des communistes
albanais du Kosovo. Après la suppression du nom Metohija,
suivirent toutes sortes de mesures administratives et pressions directes contre
la population non-albanaise, avec le soutien tacite
des organes administratives du province, des structures du parti communiste,
des tribunaux, de la police, de toutes institutions dans lesquelles les
Albanais, après 1971, étaient plus au moins majoritaires. La conséquence
immédiate de cette politique fut l'émigration silencieuse mais massive, une
émigration forcée d'un grand nombre de Serbes de régions de la province
avec une population mixte.
Les chiffres officiels sur ces propos sont suffisamment claires.
De 1971 à 1981, 37.631 Serbes et 5.280 Monténégrins ont quitté Kosovo,
respectivement 16,5% et 10,7% du total de la population serbo-monténégrine.
Le nombre de Serbes en Kosovo, malgré une forte natalité, diminué presque de
moitié sous la règne de Tito: 26,6% en 1948, ils ne sont plus que 13,2% en
1981. Il en est de même avec des Monténégrins : ils constitue 3,9% de
population de province en 1948 mais ils ne sont que 1,7% de la population
totale en 1981. Si l'on analyse le nombre des personnes ayant quitté le Kosovo
ou s'y étant installées entre 1971 et 1981, on constate les chiffres
suivants: 17.009 personnes ont immigré au Kosovo, dont 6.874 Albanais, 3.370
Serbes, 890 Monténégrins et 5.875 autres. Pendant cette période le nombre des
personnes ayant émigré est de 70.584 dont 8.333 Albanais, 42.407 Serbes, 7.095
Monténégrins et 12.794 autres. Entre 1961 et 1981, le nombre des localités avec
la population mixte a diminué presque de moitié, passant de 174 à 96. Aucun de
ces localités n'a eu population à prépondérante serbe, mais toutes ces
localités sont devenues à prépondérance albanais ou totalement albanaise. Alors
qu'en 1961, 50% des localités avait une population homogène albanaise, ce
pourcentage est de 75% en 1981. Seulement les Goran(c)i, la population
musulmane de religion mais slave et serbe par la langue vivent dans 15
localités homogènes.[38]
Les résultats de l'enquête menée sur les causes de l'émigration des Serbes
indiquent que l'intimidation sur le plan personnel était le moyen plus
efficace: attaques infondées contre les individus, menaces à la propriété,
incendie des récoltes, appropriation de champs, menaces de viol etc. Les
plaintes déposées aux autorités, contrôlé par les Albanais, restant presque
sans résultats. La discrimination sur une base nationale s'exerçant tous les
jours dans la rue, dans les transports publics, dans les magasins, dans les
centres médicaux... tout cela a crée chez les Serbes et les Monténégrins le
sentiment d'être des citoyens de second ordre, vivant dans un environnement
hostile, comme dans un pays étranger. La minorité menacée, sans protection
de droit au niveau de la province, de la république et de la fédération
émigrait en silence vers la Serbie centrale, où apparemment existait un accord
tacite entre les autorités fédérales et les autorités locaux pour
que les réfugiés serbes aient la priorité dans l'attribution des emplois. Les
plusieurs quartiers serbes ont été formé dans plusieurs villes en Serbie
centrale : à Kraljevo, Kragujevac et Smederevo parmi les autres.[39]
Les seuls qui se soient adressés aux plus hautes instances de la fédération
pour se plaindre de ces pressions politiques, les attaques et de la
discrimination des Albanais ont été les dignitaires de l'Église orthodoxe
serbe. Des centaines de plaintes indiquant avec précision tous les détails
relatifs aux usurpations des biens, aux attaques contre les moines, aux viols
de religieuses, destruction de cimiètres, profanation
de tombes, toute ces informations soigneusement recueillies par le clergé serbo-orthodoxe du Kosovo-Metohija ont été adressées soit
personnellement à Tito soit aux dirigeants en fédération. Ces plaintes sont
cependant restées sans réponse, même lorsqu'elles étaient présentées par le
chef de l'Église orthodoxe serbe, le patriarche German
Dozic.[40]
Au sein du parti communiste, seuls deux hauts fonctionnaires - l'écrivain Dobrica Cosic et l'historien Jovan Marjanovic - osèrent
dénoncer en 1968 la discrimination subies par les Serbes,
l'inégalité devant les tribunaux et leur exode forcé du province. Tous les deux
ont été immédiatement limogé, par l’ordre du Tito, du Comité central du
parti communiste.
Quelques années plus tard, la
même destin politique attendait plusieurs hauts fonctionnaires serbes du
Kosovo-Metohija qui s'étaient exprimés au cours des discussions officiels sur
les rapports inter-éthniques au sein du Comité
provincial du parti communiste. L’un des principaux dirigeant politique du
minorité turque au Kosovo, Kadri Reufi
a également été limogé du parti pour avoir soutenu les positions des
communistes serbes, dénonçant les pressions discriminatoire des Albanais sur la
population non-Albanais. Une partie des cadres
communistes serbes, quand même, a choisi la collaboration active avec la
nomenklatura albanaise au Kosovo afin de obtenir, pour leur service à parti
communiste du province, les meilleurs postes au sein des organes des
fédération yougoslave.
Parallèlement au processus d'émigration des Serbes du Kosovo-Metohija, leurs
terres étaient, par les décisions internes des dirigeants du parti,
cédées majoritarement aux immigrants
Albanais arrivant d'Albanie. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale
jusqu'à la mort de Tito en mai 1980, le nombre des Albanais
Kosovo-Metohija a augmenté plus que doublé: il est passé de 498.242 à
1.226.736, une augmentation de 146%. La raison du cet accroissement de
population ne réside pas seulement dans l'explosion démographique (le taux de
croissance des Albanais en Macédoine, par exemple été bien inférieur), ni dans
la diminution de la mortalité infantile, mais est dû certainement à l'arrivée
d'un nombre considérable d'immigrants venant d'Albanie. Si l'on compare
l'augmentation de la population albanaise en Macédoine et au Kosovo-Metohija, on
constate que les Albanais du Kosovo augmente à une plus grande vitesse, bien
que la composition sociale et les autres conditions de vie soient similaires ou
même identiques.[41]
Par “La loi sur la citoyenneté yougoslave” datant de 1966 les émigrés installés
en Yougoslavie après 1945 ou née en Yougoslavie ont obtenue le statu du citoyen
yougoslave. Jusqu’en 1968 les communes ont été chargées d’intégration
d’émigrés. Après 1968 c’était la province autonome du Kosovo qui est chargé de
les intégrer dans la société yougoslave. Des documents disponibles montrent
bien que la nomenklatura albanaise du Kosovo achetaient (aussi après
1968) les terres des Serbes pour les distribuer aux immigrants d'Albanie. Les
Serbes du Kosovo, à leur tour, émigraient en silence en autres
régions de Serbie.[42]
Étant donné que l'administration
est contrôlé par les Albanais, ils délivraient de nouveau documents, avec le
lieu de naissance aux nouveaux venus d'Albanie, dans lesquels ils indiquaient
le Kosovo comme leur lieu de naissance, de sorte qu'il était impossible d'en
déterminer le nombre. Les autorités locales albanaises manipulent même
les cadastres afin de justifier leur aspirations politiques : dans l'un de ces
livres, le fameux monastère de Visoki Decani et même le patriarcat de Pec
(le siège historique de l’Eglise orthodoxe serbe comprenant plusieurs églises
du XIVe siècle) sont inscrit comme les
mosquées. La barrière linguistique (l’usage de la langue albanaise dans
l’administration locale) facilitait la manipulation systématique des
cadastres fonciers, des statistiques concernant la structure nationale au
nombre des immigrants, qui, selon les statistiques officielles fédérales - très
superficielles - ne dépassait pas le chiffre de quelques milliers de personnes.[43]
L’Albanisation :
le boom démographique, les tensions sociales, les aspirations nationales
Le processus de l'albanisation du Kosovo était, entre 1968 et 1980, stimulé
également au niveau administratif. La nomenklatura albanaise du Kosovo
insistait particulièrement pour que l'on augmente le nombre d'étudiants (30
étudiants par 1.000 habitants), afin de former les cadres qui remplaceraient
les Serbes dans presque tous les organes de l'administration, dans
l'enseignement et les sciences au sein de la province. Les fonds fédéraux ont
été fournis (à 70% du total) par les fonds pour des régions moins
développées et dont la plus grande partie était versée par Serbie intérieure.[44] Les moyens financiers considérables
ainsi recueillis étaient investis par la nomenklatura non dans
l'économie, mais plutôt dans l'édification d'institutions culturels et
politiques de caractère national symbolisant le statut quasi-étatique du
province autonome du Kosovo.
De nouvelles mesures discriminatoires ont été adoptées basées sur "le
principe de représentation ethnique"; elles s'appliquaient pour l'octroi
des emplois, l'inscription aux hautes écoles. C'est ainsi que lorsqu'il y avait
cinq postes à pourvoir, un seul, selon le principe ethnique, pouvait revenir à
un Serbe, sans considération pour le degré d'instruction, les capacités
personnelles ou l'expérience des candidats. Dans la secteur sociale
(administration, économie, éducation, justice) jusqu'en 1974, les Albanais de
souche constituaient 58% du nombre des personnes employés, les Serbes 31%, les
Monténégrins 5,7%. A partir de 1978, le chiffre des Albanais employés à
Kosovo-Metohija se monte à 83,6%, et les Serbes ne sont que 9%. En 1980 cette
phénomène est encore plus visible : les Albanais sot déjà 92%
d'employés dans le secteur social, et les Serbes ne sont que 5% ; même
qu'ils sont trois fois plus nombreuses dans la population du province. [45]
Le même principe était valable pour l'Université : un cinquième seulement des
étudiants pouvaient être des Serbes. L'Université de
Pristina fondée en 1960 comme une branche de l'université de Belgrade, devenue
autonome en 1969 comptait 37.000 étudiants en 1981, dont 90% étaient d’origine
albanais. L'arrivée sur le marché du travail d'un nombre croissant des jeunes
Albanais ayant une formation universitaire dans les conditions du boom
démographique (le plus haut niveau d'accroissement démographique dans toute
l'Europe, la famille moyenne comptant 6.9 membres) - ce nombre dépassait celui
que l'économie pouvait absorber, d'où de nouvelles tensions.[46] Le contexte social dans la société du
Kosovo était très complexe : pendant la période entre 1953 et 1981
l’accroissement de population rurale était de 55 %, par rapport du reste de la
Yougoslavie où la population rurale a diminué à 10 % ; sur 100 habitants
du Kosovo seulement 11,1 était employé par rapport du reste de la Yougoslavie
avec 25,9 des employés sur 100 habitants.[47]
Le retard économique était aussi une conséquence du bas niveau de formation des
cadres albanais au Kosovo-Metohija; pour des raisons politiques les critères
pour l'obtention des diplômes universitaires étaient inférieurs à ceux des plus
grands universités yougoslaves. D’autre part plus que 20 % des toutes les
manuels scolaires, et presque toutes les manuels en sciences humaines (de
l’histoire à littérature) ont été importé d’Albanie, à servir pour la propagande
à la fois idéologique et nationaliste. La formation d'un grand nombre de cadres
albanais dans les domaines des sciences sociales, le plus souvent fondées sur
les principes idéologiques revus par Tirana dans lesquels se mêlaient
l'intolérance communiste et le romantisme nationaliste donna naissance à une
type spécial de semi-intellectuel aux horizons
bornés, capable d'absorber un nombre limité d'idées, et disposé à accepter sans
critique une certaine conception de leur propre histoire. Un orientaliste réputé
du Kosovo-Metohija, Hasan Kaleshi, a stigmatisé les
dangers d'une telle formation, mais très vite il a été boycotté par l'ensemble
de l'intelligentsia albanaise.[48]
La même critique concernant la rôle catastrophique de l'élite culturelle et
scientifique albanaise du Kosovo, a été répété par l'intellectuel du Pristina, Sheqlzen Maliqi en 1987, dans son
interview à « Borba », stigmatisant la
responsabilité politique de le plus grand nombre des écrivains, professeurs,
docteurs en sciences etc., en les accusant d’être malade d’aphasie, en
tant que symbole de manque de intégrité et dignité dans leurs métiers.[49]
La barrière linguistique les empêchant de trouver un emploi dans le reste
de la Yougoslavie, ces jeunes Albanais obligés de trouver un emploi au Kosovo,
reportaient leur mécontentement sur le plan de leur statut social au niveau
d'une frustration nationale. Ils étaient encouragés dans ce sens par les
professeurs venus d'Albanie, parmi lesquels se glissaient de nombreux membres
de la police secrète Sigurimi qui, au nom de
la coopération entre deux États, propageaient sans aucun empêchement
l'idéologie de « la Grande Albanie ». Pendant la période de 1975 à
1980, par exemple, 237 professeurs et enseignants d’Albanie sont enseigné dans
l’Université de Pristina et les écoles albanaises du Kosovo.[50] La classe politique albanaise avait
complètement adopté la théorie sur l'origine illyrienne des Albanais, ce qui a
ses yeux légitimait aussi « les droits » des Albanais sur le
territoire du Kosovo-Metohija.[51]
C’était une obsession concernant
l’ethnogenèse des nations balkaniques qui en Albanie a trouvé une
interprétation presque paradoxale, devenant la théorie officielle du régime de Hohxa. La présence illyrienne a pratiquement disparue
dans les Balkans après VIIe siècle mais
les historiens d’Enver Hohxa
ont persisté sur la théorie illyrienne, dénonçant en avance toutes les
autres interprétations comme « erronée, voire malveillante »,
car « derrière ces genre d’opinions, propres à toute une série
d’historiens bourgeois et révisionnistes, se cachent dans la plupart des cas
des intentions politiques antialbanaises
évidentes. »[52]
Bien que la science historique n’a pas trouvé les preuves suffisamment sûrs
pour confirmer cette théorie, elle a servit de base pour une idéologie avec les
éléments nettement racistes. C’était aussi une conception politique qui
nourrit le rêve d’un rattachement des territoires des pays voisin à l’Albanie,
non seulement pour des raisons ethniques mais plutôt des prétendues
raisons historiques.
La théorie illyrienne - très bizarre dans ses explications
contemporaines - servait aux Albanais du Kosovo pas seulement à
prouver que les Albanais étaient les premiers habitants du
Kosovo-Metohija mais aussi que les Serbes n'étaient que des
« intrus » sur « leurs terres anciennes ». Un tel postulat
idéologique allait de pair avec le niveaux bas du culture politique et le
mécontentement social : les familles nombreuses albanaises désiraient vivement
obtenir des terres arables mais on ne pouvait les trouver que chez les Serbes
qui, pris de frayeur, les cédaient, sous les pressions et à cause de la manque
de la protection efficace de leur droits, souvent à prix très
bas.[53]
Le bilan catastrophique du
titisme au Kosovo-Metohija se montré clairement un an plus tard. La mort
de Tito (le 4 mai 1980) a enlevé l'autorité incontestée qui personnifiait, et
pas seulement formellement, l'unité du pays. En mars 1981, la révolte des
Albanais du Kosovo s'annonce par un acte du vandalisme - l'incendie provoqué au
siège de l'Église serbe - à la patriarcat de Pec,
ouvrant la boîte de Pandora du nationalisme. Le
révolte des Albanais du Kosovo était produit logique
du système titiste. Motivé par la logique exclusivement ethnique, cette révolte
a causé en retour une solidarisation des Serbes dans toute la Yougoslavie.
“Comme par un effet de dominos, cela a conduit à l’homogénéisation nationale de
tous les autres peuples yougoslaves. Dans un État aux population aussi
inextricablement mêlées ce repli identitaire ne pouvait qu’aboutir au drame.
Dans ce sens, l’éclatement de la Yougoslavie, qui a commencé au
Kosovo-Metohija, peut être vu comme une vengeance des ‘zombies’ de Tito…”[54] C’est au fond, le système titiste qui a
préparé la guerre civile en Yougoslavie à la fin de l’époque communiste.
[1] L’exemple de ce type d’interprétation etno-communiste, prescrit dans ce cas par Enver Hoxha : Stefanaq Pollo et Arben Puto, Histoire d’Albanie des origines à nos jours,
Ed. Horvath, Roanne 1974. Une explication aussi communiste, mais de
tendance toujours titiste rédigé après la série des révoltes d’Albanais du
Kosovo entre 1981 et 1989 : Kosovo. proslost i sadasnjost, (en anglais : Kosovo. Past and Present)
sous la direction du Ranko Petkovic,
Medjunarodna politika (Review of International Affairs),
Belgrade 1989.
[2] Une interprétation historique de
type non-communiste de ce région, fortement
contesté par les historiens albanaises : Radovan Samardzic
et alii, Le Kosovo-Metohija dans l’histoire serbe,
L’Age d’Homme, Lausanne 1990
[3] Cf. une explication similaire demandant une perspective scientifique dans l’interprétation historique : Sima M. Cirkovic, “Images of History: Same Objects, Different Perspectives”, dans : Ger Duijizings, Dusan Janjic & Shkëlzen Maliqi (eds.) Kosovo/a. Confrontation or Coexistence, Peace Research Centre, University of Nijmegen 1996, pp. 25-28
[4] Sur les positions des communistes voir : Aleksa Djilas, The Contested Country. Yugoslav Unity and Communist Revolution 1919-1953, Harvard University Press, Cambridge Mass. & London 1996, pp. 84-89. Les citations : D. T. Batakovic, The Kosovo Chronicles, Plato, Belgrade 1992, pp. 10-12.
[5] Istorijski arhiv Komunisticke partije Jugoslavije, t. II, Istorijsko odeljenje CK KPJ, Belgrade 1949, pp. 339, 421.
[6] Ibid., pp
264-265.
[7] Les colonistes serbes au Kosovo-Metohija se voyaient attribuer
des terres appartenant à l'Etat, des terres non cultivés, des forêts et une
petite partie es terres des rebelles en fuite, soit environ 5% des terres alors
cultivables. Il y a eu deux vagues de colonisation : la première entre 1922 et
1929, la seconde entre 1933 et 1938 sur 120.672 hectares (environ 15,3% du
fonds terrain du Kosovo-Metohija d’aujourd’hui). S'y installèrent 10.877
familles (environ 60.000 personnes); 99.327 hectares qui avaient été prévus
pour les nouveaux immigrants n'ont pas été distribués. On avait édifié
pour leur usage 330 agglomérations (villages) avec 12.689 maisons, 46 écoles et
32 églises orthodoxes. Les Albanais de souche se sont vu reconnaître la
propriété des terres qu'ils cultivaient ou pour lesquelles ils avaient les
"actes de propriété" d'époque ottoman, mais il y eut par
intermittence des tensions concernant la propriété des grands domaines sur
lesquels les beys prétendaient avoir les droits, sans en posséder les preuves
juridiques légales. (Sur la colonisation cf : Milovan
Obradovic, Agrarna reforma i kolonizacija na Kosovu,
Institut za istoriju, Pristina 1981)
[8] Istorijski arhiv Komunisticke
partije Jugoslavije, t. II, pp. 264-265
[9] Ibid.,
p. 399.
[10] Josip Broz Tito, Sabrana djela, vol. VI, Izdavacki centar ‘Komunist’, Beograd 1979,
pp.63-64.
[11] C’est la fameuse résolution de Bujan adopté lors une conférence par les communistes
albanaises (41) et quelques représentants musulmans (1) et serbes (7) du
Kosovo, le 2 janvier 1944. Une interprétation très simpliste chez : Rexhep Qosja, La question
albanaise, Fayard, Paris 1995, p. 166 avec un extrait de cette
résolution. Les soi-disant “représentants serbes” dans cette conférence
n’avait pas l’autorisation de part de soutenir une telle résolution. La
résolution de Bujan a été officiellement
critiquée par Tito et rejetée par le parti communiste yougoslave en tant
que document officiel.
[12] Cf. D.T. Batakovic, “Le passé des
territoires : Kosovo-Metohija (XVIIe-XXe siécle)”, Balkan Studies,
No 38/2, Thessaloniki 1997, pp. 270-271.
[13] La version officielle communiste,
avec les documents originals de cette revolte est disponible dans les mémoires d’un des chef des
forces titistes : Spasoje Djakovic,
Sukobi na Kosovu,
Narodna knjiga, Belgrade
1986 (deuxième édition), pp. 225-236. Selon les rapports confidentiels de
l’arméé yougoslave , entre 10 février et 15 avril
1945 le nombre des victimes parmi les rebels
Albanais était 393 morts et 490 blessés . Dans les rang des titistes le
nombre était le suivant : 82 morts et 117 blessés. (Ibid,
pp. 236-237)
[14] “Privremena zabrana vracanja kolonista u njihova ranija mesta zivljenja”, date du 6
mars 1945, dans : Sluzbeni list DFJ (Journal Officiel de Fédération Démocratique de
Yougoslavie), n° 13, Belgrade le 16 mars 1945, décision n° 153; “Zakon o reviziji dodijeljivanja zemlje kolonistima i agrarnim interesentima u Makedoniji i Kosovsko-metohijskoj oblasti”,
dans : Sluzbeni list
DFJ, Belgrade, n° 56, le 5 août 1945, pp. 510-511.
[15] Cf. “La
loi de non-retour”, la traduction dans : Dialogue, n° 25, vol.7,
Paris 1998, pp. 101-108 (le numéro consacré au Dossier Kosovo & Metohia).
[16] Sluzbeni list DFJ, Belgrade, 1946, n° 89.
[17] Sluzbeni glasnik Narodne Republike Srbije, Beograd 1947, br. 9.
[18] La comparation
des chiffres d’un recensement non-publié (celui de
1939-1940) et le recensement officiel de 1948, montre que le nombre des
Albanais au Kosovo a augmenté - malgré les pertes considérables réclames par
les Albanaises eux-mêmes dans les années de guerre - pour 75.417
personnes dans la période de neuf ans. (Predrag
Zivancevic, Emigranti.
Naseljavanje Kosova i Metohije iz Albanije,
Beograd 1989, p.78)
[19] Bernard Lory, L’Europe
balkanique de 1945 à nos jours, Paris, Ellipses 1996, pp. 34-35.
[20] Cité dans: Branko Petranovic, ”Kosovo in Yugoslav-Albanian Relations and the Project of a Balkan Federation, 1945-1948”, dans : Andrej Mitrovic (ed.), Serbs and Albanians in the 20th Century, Academic Conferences, vol. LXI, The Department of Historical Sciences, N° 20, Serbian Academy of Sciences and Arts, Belgrade 1991, p. 408 (Edition bilingue, en serbe et anglais)
[21] Josip Broz Tito, Borba za oslobodjenje Jugoslavije 1941-1945, Kultura, Beograd 1947, p. 132.
[22] B.Petranovic, op.
cit., pp. 399-422. Voir aussi
: B. Petranovic, Balkanska
federacija 1943-1948, Zaslon,
Sabac 1991.
[23] Enver
Hoxha, Souvenirs, Tirana, 1979, p.147. Cf
aussi : Milorad Komatina, Enver Hodza I jugoslovensko-albanski odnosi, Sluzbeni list SRJ, Belgrade 1995.
[24] Pendant la conversation des dirigeants
yougoslaves avec Staline à Moscou le 19 avril 1947 Kardelj a souligné que
“chez nous, sur la territoire du Kosovo-Metohija aujourd’hui aussi il y a plus
d’Albanais que les Serbes. Plus tard, quand nous aurons encore renforcé nos
liens avec l’Albanie, nous avons l’intention de lui céder ce territoire.”
Staline, très satisfait lui à répondu : “Très bien, c’est juste.” (Cité
dans : Kosovo-Metohija dans l’histoire serbe, p. 256.)
Dans une autre situation pendant la conversation avec Milovan
Djilas en janvier 1948 Staline a accepté que la
Yougoslavie absorbe l’Albanie : “Nous ne nous intéressons pas à l’Albanie. Nous
sommes d’accord pour que Yougoslavie
avale
l’ Albanie.” (Milovan Djilas,
Conversations avec Staline, Paris, Gallimard 1962, p. 157., cité aussi
chez Lory, op.cit, p. 35)
[25] Une partie d’eux a utilisé
Yougoslavie comme le point de transport vers l’Ouest. (Bogumil Hrabak, “Albanski emigranti u Jugoslaviji”, Tokovi istorije, vol. 1-2, Belgrade 1994, pp. 77-104)
[26] Slobodan Jovanovic,
Jedan prilog za proucavanje srpskog nacionalnog karaktera,
Windsor, Canada 1964, p. 31. S. Jovanovic fut le
membre d’Institut à Paris. La citation en français chez : D. T. Batakovic, “La crise yougoslave : les aspects
historiques”, Balkan Studies, No 33/2,
Thessaloniki 1992, p. 288.
[27] Pour les detailles
: Pierre Maurer, La réconciliation soviéto-yougoslave 1954-1958. Illusions et désillusions de
Tito, DelVal, Cousset
1991.
[28] J. F. Brown, Eastern
Europe and Communist Rule, Duke University Press Durham & Londres 1988, p. 6, cité aussi dans : D.T. Batakovic, Kosovo, la
spirale de la haine, L’Age d’Homme, Lausanne
1994, p. 48.
[29] Cf. D.T. Batakovic, “Collective and Human Rights: Opposing Views from Former Yugoslavia” dans : Peter R. Baehr, Floribert Baudet & hans Wermölder (eds.), Human Rights and Ethnic Conflict, Netherlands Institute of Human Rights, SIM Special No. 24, Utrecht 1999, pp.
[30] Cf. Kosta Cavoski, Tito-tehnologija vlasti, Dosije, Beograd 1990; Stevan K. Pavlowitch, Tito. Yugoslavia's Great Dictator, Hurst & Co, Londres 1992.
[31] D.T. Batakovic,“Twentieth-Century Kosovo-Metohija: Migrations, Nationalism and Communism”, Journal of the North American Society for Serbian Studies , No 13 (2): Washington D.C.,1999, pp. 8-11.
[32] Kosovo.Law and Politics. Kosovo in Normative Acts before and after 1974, Helsinki Committee for Human Rights in Serbia, Belgrade 1988.
[33] Branko Petranovic, Balkanska federacija 1943-1948, pp. 77-104.
[34] D. T. Batakovic,
Kosovo. La spirale de la haine, p. 49.
[35] L’évolution du statut du Kosovo du
point de vue albanais dans : Sami Repishti, “The Evolution of Kosova’s Autonomy
Within Yugoslav Constitutional Framework”, Arshi Pipa & Sami Repishti (eds.), Studies on Kosova, Eaust european Monographs, Boulder,
Columbia University Press,
New York 1984, pp. 195-231.
[36] Le discours du Tito à l’Université de
Pristina, de 4 avril 1975 semblable aux autres de ses discours de type “langue
de bois”, montre bien cette orientation vers la responsabilité politique des
Albanais pour la situation politique en province autonome, mais aussi un
effort de rapprochement avec l’Albanie d’Enver Hoxha
: “…Votre province en est un exemple : elle montre que dans la collectivité
socialiste autogestionnaire de nations et de nationalités égales en droits
qu’est la Yougoslavie, la nationalité albanaise dispose de toutes les
conditions, de toutes les possibilités de contribuer à l'amélioration des
rapports avec l'Albanie socialiste. Son apport pourrait être, sans doute encore
plus substantiel, si les circonstances politiques – indépendantes de notre
volonté – étaient plus favorables. Je veux croire cependant que ces
possibilités iront s’amplifiant.” (Cf. Josip
Broz Tito, De la résistance à l’indépendance,
Éditions Anthropos, Paris 1977, pp.264-273,
citation p. 272)
[37] “La Yougoslavie vue de Tirana est un
ensemble disparate, ‘chauvin’, répressif, policier, pratiquant le terrorisme
intellectuel et culturel.” (Gabriel Jandot, L’Albanie
d’Enver Hohxa (1944-1985),
L’Harmattan, Paris 1994, p. 252)